Il y a deux ans une force ONU dirigée par le Kenya avait le même objectif ; rien de concret en deux ans …Il semble que nous devrions rester perplexes par cette nouvelle formule de FRG. Beaucoup de millions de dollars dépensés et encaissés sans résultat tangible, sinon de défendre les intérêts obscurs -pour le commun des mortels-des puissances qui « aident » Haïti.
Cependant les forces haïtiennes, l’Armée et la Police, semblent se renforcer, le budget de l’Armée a augmenté et des recrutements sont en cours ainsi que dans la police ; les militaires pourraient tendre vers environ 2,000 et 15,000 policiers : pas de précision en ce qui concerne la durée nécessaire pour atteindre ces objectifs. Les équipements de ces deux entités sont aussi améliorés. Cependant les gangs sont aussi bien armés et détruisent régulièrement les équipements de la Police, et la Police a de nombreux « individus-bandits » en son sein.
Malgré la présence de la Police sur le terrain, aucun chef de gang n’a été arrêté depuis le début des hostilités (2021) : à croire que la capitale a une superficie énorme et que les informations ne circulent pas ???
Les élections se préparent : nous ne savons pas encore quelle sera la procédure et comment les candidats auront accès aux villes et villages pour faire leur campagne électorale ; les routes qui sortent de la capitale sont toutes bloquées et taxées par les gangs.
« Organiser une élection avec 316 partis politiques officiellement et légalement constitués pourrait compliquer la situation tant pour le Conseil électoral que pour les électeurs » titre le journal.
Au quotidien et dans les territoires non occupés, la vie continue comme on dit ; cette année scolaire est une première, car elle n’a été interrompue par aucun problème et cela n’était pas arrivé depuis 2019. Les examens du baccalauréat ont lieu cette semaine.
Par contre de nombreuses écoles et universités ont été détruites et la relocalisation n’est toujours pas facile, les locaux adéquats restent difficiles à trouver ; les étudiants sont souvent dispersés dans plusieurs endroits.
Les problèmes économiques restent identiques et de nombreuses familles, commerces et industries sont décapitalisés.
Dans ce contexte la clinique dentaire du SOE ne se porte pas si mal ; les patients reviennent et depuis deux mois la fréquentation est importante. Mais les dépenses de fonctionnement ont augmenté : carburant (pas de courant de ville depuis janvier 2025), produits dentaires chers.
Nous essayons de garder des tarifs abordables pour la plupart des patients, mais nous ne savons pas trop comment gérer cela à moyen terme.
Il est difficile de faire des planifications dans cette situation ; nous naviguons tous à vue !!!
Le temps passe, et nous espérons toujours qu’à un moment nous entamerons une « remontée » vers des jours meilleurs.
Françoise PONTICQ
